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Edito du 6 septembre 2026

Pour que le monde ait la vie

Depuis 1980, les papes successifs parcourent le monde à la rencontre des peuples de tous les pays. Saint Jean Paul II a battu tous les records de kilomètres parcourus alors que son état de santé était de plus en plus déficient. Néanmoins, il s’est trainé sur les routes du monde. Il était convaincu que ces voyages, qui lui coutaient de plus en plus, avaient changé le cours de l’Histoire. En France, il y a eu réellement un avant et un après 1980 dans l’église de France. Ce voyage pontifical a redynamisé l’église de France. À la suite de Saint Jean Paul II, qui est venu plusieurs fois dans notre pays, Benoît XVI et maintenant Léon XIV viennent à notre rencontre. Nous nous devons d’être au rendez-vous.

Le contexte de ce voyage peut surprendre. Nous sommes déjà en période électorale (mais c’était la même chose en 1980). Notre archevêque va avoir 75 ans comme le Cardinal Marty en 1980. Mais, surtout, nous venons d’avoir la loi sur la fin de vie. Le voyage du saint Père a comme thème « pour que le monde ait la vie ». Gageons qu’il va tenter de nous redonner espérance en la vie plus forte que la mort et digne d’être vécue. Sa parole va toucher non seulement les catholiques mais aussi tous les français et même au-delà. Notre mobilisation va bien sûr amplifier sa parole et nous pouvons espérer qu’elle contribue à inverser la situation difficile de notre société. C’est pourquoi ce voyage est si important. L’avenir de la France en dépend. Léon XIV compte sur nous.

Certains critiquent ce voyage et en particulier le lieu de la messe. Ils s’offusquent au nom de la laïcité de l’utilisation de ce site prestigieux. Les mêmes avaient violemment critiqué le voyage de Saint Jean Paul II à Reims pour l’anniversaire du baptême de Clovis (d’autant qu’ils avaient réussi à interdire, le rassemblement des évêques de France de 1896).  D’autres, de manière plus pernicieuse, essaient de faire peur, argumentant du danger des mouvements de foules, du risque d’attentat, du coût du voyage. À chaque voyage pontifical, ce fut la même chose en particulier en 1980 et en 1996. Tous ces voyages se déroulèrent sans incidents devant des policiers surpris de la bonne conduite des foules de fidèles.

Contrairement à certains, je suis heureux que le pape célèbre la messe sur la place de la Concorde qui porte si mal son nom car elle fut le lieu de l’exécution de nombreuses personnes dont des prêtres et des religieuses, des laïcs durant la Révolution. On peut penser que certains, prêtres, religieuses ou laïcs, sont morts pour leur foi et nous sommes donc dans la grande tradition de l’église qui célèbre la messe sur les tombeaux des saints. À quelques jours de l’envoi à Rome du dossier de béatification d’Elisabeth de France, décapitée sur ce lieu, je ne peux que me réjouir du choix de cette place. Car elle portera alors son nom à juste titre, étant pour quelques instants le lieu de la communion de tous ceux qui y seront présents, dans leur diversité.

Enfin, si les papes depuis 1978 poursuivent activement cette politique des voyages pontificaux et des grands rassemblements, c’est qu’ils ont constaté les fruits immenses qu’ils portent. C’est pourquoi, malgré leur coût financier, ils les organisent même dans les pays les plus pauvres et les plus reculés. À l’heure de l’internet et des visios on pourrait imaginer que le pape s’adresse depuis le palais apostolique aux Français sans se déplacer. Mais, de la même façon que pour la messe à la télévision, ils savent bien que rien ne remplace le contact physique qui est porteur du spirituel. L’église est la dispensatrice des sacrements. Ceux-ci font appel à nos sens, vue, ouïe mais surtout toucher (onction, communion). La participation effective aux rassemblement proposés par les papes et a fortiori aux messes qu’ils célèbrent, relève de la même dynamique. La messe, célébrée par le pape entouré des cardinaux, des évêques, des prêtres, des consacrés et du peuple chrétien d’un même pays, est par excellence célébration du corps mystique du Christ. Elle construit son unité et est source de grâces exceptionnelles pour tous les participants. Aussi, ne laissez pas passer la grâce, surmontez vos appréhensions, vos fatigues, vos réticences, vos peurs pour ouvrir votre cœur à l’espérance que va nous donner cette célébration exceptionnelle qui va avoir lieu à notre porte.

Laissons-nous saisir par l’Esprit !

Père Xavier Snoëk