Les martyrs de l’apostolat béatifiés le 13 décembre
nous montrent le chemin du ciel
Ce samedi 13 décembre, 50 jeunes hommes français sont béatifiés comme « martyrs de l’apostolat » dans la cathédrale Notre-Dame. Ils sont aussi appelés les martyrs du STO (service du travail obligatoire, mis en place par les nazis pour suppléer au manque d’ouvriers dans les usines allemandes du fait de l’incorporation de la plupart des hommes dans l’armée). Ces hommes sont issus de nombreux diocèses de France, dont Paris. Ils ont répondu à l’appel du cardinal Suhard, archevêque de Paris, à partir volontairement en Allemagne pour soutenir les jeunes qui partaient y travailler. Parmi eux, 10 prêtres, 5 religieux, 14 scouts de France, 30 jocistes (Jeunesse Ouvrière Chrétienne, JOC) et un jeciste (Jeunesse étudiante chrétienne,JEC).
Ils étaient regroupés dans la Mission Saint Paul. Ils furent repérés par les nazis qui, en décembre 1943, décidèrent l’élimination de tous ceux qui organisaient des activités religieuses auprès des travailleurs du STO. Ainsi, tous ceux qui étaient pris assistant à une messe furent arrêtés et envoyés en camp. Ces hommes, ces missionnaires, partaient en sachant qu’ils risquaient leur vie. Lorsque, leurs familles – qu’ils retrouvaient lors de vacances – les exhortaient à ne pas repartir en Allemagne et à entrer dans la clandestinité, ils refusèrent. Ils repartirent par charité pour leurs camarades. Ils moururent en 1944 et 1945.
Certains furent été exécutés, certains massacrés, d’autres moururent des mauvais traitements dans les camps. Beaucoup moururent lors de la libération des camps où, totalement dénutris (car souvent ils se privaient de nourriture pour d’autres), très affaiblis, ils eurent à marcher des kilomètres lors des tristement célèbres « marches de la mort ».
Ils sont reconnus par l’Eglise, après une longue enquête, comme étant morts parce que chrétiens et en raison de leurs activités religieuses, c’est à dire qu’ils moururent par « haine de la foi ». C’est pourquoi ils sont déclarés martyrs.
Ces hommes sont proches de nous. Leurs enfants, leurs neveux sont encore vivants parmi nous. L’un fut élève du collège Stanislas, l’autre baptisé à Notre-Dame de Clignancourt, l’un fit sa première communion à Saint Merri, l’autre à Saint Germain l’Auxerrois. Ils sont bien de chez nous !
Ils avaient répondu à un appel dans la diversité de leurs états de vie. Ils étaient partis par choix. Ils ont vécu l’appel universel à la sainteté. Ils n’ont pas vécu cela seuls mais en petites communautés. Ils ont essayé de soutenir leurs camarades par des groupes de partage, des célébrations. Ils ont été aidés par des prêtres, des religieuses et des scouts allemands. C’est pourquoi la célébration est en langue française et en langue allemande que parle l’archevêque de Luxembourg. C’est un beau témoignage de l’universalité de l’Eglise. Leur engagement est peu connu car il est discret et s’efface devant celui des résistants et celui des rescapés des camps qui suscitent la compassion.
Ils sont pour nous un formidable exemple. En effet, au risque de leur vie, ils sont partis annoncer le Christ à leurs camarades et les soutenir dans des conditions difficiles. Ils nous invitent à la cohérence de notre vie chrétienne, entre la foi professée et la vie vécue. Il y va de la crédibilité de notre témoignage en tant que prêtre, catéchistes, parents, voisins, collègues, amis…Prenons les comme exemple tout spécialement en ce temps de l’Avent, tout spécialement à l’heure où nous avons à réfléchir à la mission de notre paroisse au sein de notre quartier.
Enfin, à leur manière, ces 50 martyrs ont construit la paix. Aussi, alors que la guerre est aux portes de l’Europe, nous pouvons les invoquer afin qu’ils nous obtiennent la paix.
Père Xavier SNOËK